Agir pour préserver et améliorer un environnement de qualité,
tel est le projet ambitieux que s'est fixée cette petite association.
Pourquoi développer l'économie, le tourisme ou toute autre activité
humaine si, demain, la planète est inhabitable ?
Ses actions en cours :
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Thenissey - 29/08/04 - Discours de Luc VAN ENGELANDT
Pour une écologie de qualité
Face aux
atteintes à l'environnement : une écologie de qualité.
Discours à l'université 2004
La France et l'Europe sont menacées par un péril écologique
qui menace notre qualité de vie mais aussi notre identité et
l'harmonie de notre civilisation.
De multiples causes s'additionnent pour donner les niveaux de
pollution que l'on
connaît
aujourd'hui à la ville ou à la campagne.
L'agriculture intensive et l'élevage industriel
Depuis la fin des années cinquante, les pays européens et la
France en particulier, peut-être en réaction aux pénuries de
guerre et d'après-guerre et dans le but légitime d'assurer son
autonomie alimentaire, se sont lancés dans une agriculture
intensive utilisant beaucoup d'engrais chimiques et de
pesticides qui permirent réellement de multiplier les
rendements dans des proportions considérables. De la même
façon, avec le bétail '' beneficia '' sans aucune retenue
d'hormones et d'antibiotiques.
Ces méthodes a double tranchant sont à l'origine des graves
problèmes de santé publique actuels. De grands déséquilibres
écologiques n'ont fait que croître avec des mutations
génétiques qui ont beaucoup nui aux animaux mais également, et
surtout, porté atteinte à la santé des éleveurs et leurs
enfants.
En effet, des scientifiques ont pu observer des changements de
sexe chez les grenouilles avec multiplication de femelles
stériles et réduction du nombre de males .Plus grave encore,
il a été constate des taux de cancers anormalement élevés chez
les agriculteurs et leurs proches, de même que des baisse de
fertilité masculine et des anomalies foetales significatives.
L'utilisation de produits chimiques à tout va entraine en aval
un appauvrissement des terres et une désertification de
certaines parties des océans. (cf. Cotes du Mexique où des
fonds marins sont désertés par la vie). Par ailleurs, tout le
monde a en mémoire les proliférations d'algues vertes dans les
rivières bretonnes et sur la côte bretonne dues a l'azote en
excès largue par Ie lisier des exploitations industrielles
porcines qui accentue le cycle des algues par temps chaud.
N'oublions pas, surtout, que l'élevage industriel fragilise
des animaux dont l'espace de vie est réduit au plus juste et
que I'immunité de ces bêtes est fragilisée ; donc on utilise
des compléments ''antibiothérapiques '' incorpores dans
l'alimentation des bovins (volailles et porcs), antibiotiques
qui '' passent '' ensuite dans la chaîne alimentaire et qui se
retrouvent dans nos assiette avec les '' résistances '' pour
nos organismes et la fuite en avant des chercheurs qui courent
toujours après la mise au point de substances toujours dont
l'efficacité est toujours limitée dans le temps.
Le
charbon
: longtemps source majeure d' énergie dans la plupart des
pays, le charbon source importante de rejet dans l'atmosphère
de substances polluantes (CO2, CO, etc.), est abandonné dans
la plupart des pays occidentaux depuis plusieurs années mais
est encore utilise en Allemagne pour la production d'
électricité a cause du rejet du '' tout nucléaire '' impose
par les Grunen allemands et a été utilisé massivement dans les
ex-pays du bloc de l'Est et dans la Chine fort développement
industriel.
L'utilisation du charbon est responsable encore aujourd'hui de
nombreuses affections (silicose, asthme chronique, etc.) qui
contribuent par le coût des soins au célèbre et perpétuel ''
trou de la Sécu '' cher aux partisans de CSG en tout genre.
Le
pétrole
: l'utilisation massive du pétrole dans l'industrie et les
transports depuis les années cinquante entraîne des rejets
considérables de polluants tels que le dioxyde de soufre, le
CO2.
Les Verts qui, au nom de la pollution automobile, ont imposé
aux Européens, par des arguments contestables, la pose de pots
catalytiques sur les véhicules pour supprimer l'adjonction de
plomb dans les carburants. Malheureusement, les pots
catalytiques au contact des gaz d'échappement rejettent des
résidus de platine sur les chaussées très volatiles et qui,
par inhalation, entraînent une augmentation des cancers du
poumon dans la population même chez les non-fumeurs.
L'amiante, le plomb :
tout le monde connaît les ravages du plomb présent encore dans
certaines canalisations de maisons anciennes et de réseaux de
ville sur les enfants en particulier par la maladie du
saturnisme. N'oublions pas l'affaire des terrains jouxtant
l'usine METALEUROP de Douai, laquelle a pollué et intoxiqué
pendant des décennies les habitants de ces contrées avec la
complicité de tous les syndicats et des responsables de
l'usine ! J'évoquerai aussi le rôle de l'amiante utilisée pour
calorifuger bon nombre d'usines et de maisons alors que,
depuis plusieurs années, il a été démontré le rôle de cette
substance dans l'asbestose et les cancers pulmonaires (mésotheliomes).
Le
Nucléaire :
Je pense que, contrairement à l'opinion des Verts
anti-nucléaire bornés, l'énergie nucléaire est actuellement
l'énergie la plus propre avec quand même des réserves
concernant le traitement des déchets qui, a l'heure actuelle,
ne sont pas encore neutralisés, faute de procédé efficace. I1
est indispensable que des moyens importants soient mis a la
disposition des chercheurs afin que la France soit le premier
pays a trouver le procédé qui mettrait fin aux délires des
Verts contre une énergie qui assure notre indépendance.
Produits chimiques divers :
n'oublions jamais que tous les produits utilisés en
agriculture intensive (pesticides,engrais de synthèse, etc.) ,
dans l'élevage industriel (antibiotiques, hormones, vaccins,
etc.), dans la médecine occidentale actuelle (antibiotiques,
antiseptiques, vaccins vivants) se retrouvent sous une forme
ou sous une autre tel quel ou dégradés dans le biotope et
qu'ils modifient les équilibres biologiques pour se retrouver
ensuite dans nos assiettes avec toutes les conséquences que
l'on commence seulement a mesurer : multiplication des
carences nutritionnelles, cancers. Actuellement, le premier
facteur responsable des cancers dans le monde c'est
l'alimentation ! Sujet tabou en France.
Les OGM
: pour ou contre ?
Le débat fait rage et les anti-OGM menés par l'extrême-gauche
et José Bové se sont emparés d'un thème politique majeur sur
lequel peu de gens de droite se prononcent avec intérêt. Les
OGM sont le produit de modifications génétiques de plantes et
parfois d'animaux (brebis Dolly) par de grands groupes
multinationaux essentiellement américains dont le représentant
le plus connu est Monsanto. Les OGM sont le produit d'une
logique économique basée sur l'agriculture et l'élevage
intensifs qui permettent de diminuer les catastrophes
sanitaires et la fragilité des végétaux et animaux d'après les
promoteurs. En réalité, les OGM out d'abord pour but de gagner
beaucoup d'argent en vendant des semences stériles aux
agriculteurs qui deviennent donc dépendants des firmes qui les
leur fournissent chaque année. De plus et surtout, les OGM
permettent à des plantes qui ne résistent pas a certains
traitements phytosanitaires de devenir tolérantes : la boucle
est bouclée, ils produisent les semences et vendent des
produits très toxiques qui ne détruisent pas a priori ces
mêmes plantes ! Par ailleurs, de nombreux biologistes ont
signalé les risques de dissémination de ces OGM qui rendraient
toute autre culture impossible, y compris les cultures
''bio''. Enfin, aucune étude n'a encore permis d'écarter le
risque pour la santé de l'homme d'ingérer au long cours ce
type de produits.
Le
Bruit :
Alors que le bruit est devenu très important dans nos sociétés
urbaines, aucune volonté politique sérieuse de droite ne s'est
emparée de cette question pour proposer des solutions aux
pollutions sonores, sources importantes de maladies
neurologiques, troubles du sommeil, accidents du travail,
handicaps sensoriels,suicides, etc.
Les
pollutions électromagnétiques :
en constante augmentation, par l'utilisation de scanners, de
téléphones portables, sans compter les ondes en tout genre qui
modifieraient certaines fréquences vibratoires des cellules du
corps humain.
II - Politique de
l'environnement : qualité de vie
But a atteindre : il est indispensable de rapprocher l'homme
de son milieu afin que l'être humain ''grandisse '' avec le
progrès au service de l'homme. En effet, le progrès technique
doit aider l'homme à vivre, mais il ne doit pas le couper de
ses racines, de son biotope. Quelques propositions pour une
écologie de qualité
1° -
L'agriculture environnementale
II est important de montrer qu' agriculture biologique n'est
pas synonyme de rendements dérisoires comme l'attitude des ex-soixantehuitards
le laisse penser. Les progrès de la recherche sur la vie, l'
agrobiologie, ont permis de mettre au point des méthodes ''
propres '' de productions biologiques tant dans l' élevage que
la culture. Les exemples ne manquent pas avec le développement
de l' agriculture biodynamique basée sur les cycles lunaires
comme les luttes contre les parasites par la recherche de sols
équilibrés par l'apport de substances naturelles et
l'utilisation de prédateurs naturels (exemple des coccinelles
contre les pucerons...). Le développement de l' agriculture
biologique permettra de rétablir certains équilibres naturels
et de mieux protéger la santé des populations. Ne nous
leurrons pas sur l' agriculture dite ''raisonnée'' qui n' est
que le dernier avatar des producteurs et des distributeurs
pour enrayer la demande sans cesse croissante de produits bio.
Notons que la prépondérance de l' agriculture intensive en
France n'a pas permis a notre pays de favoriser la production
bio, de telle sorte que, face aux demandes , nous sommes
obligés d'importer la très grande partie de ces produits !
2° - La
politique des transports
Contrairement aux Verts qui devaient le problème de
l'automobile dans les grandes villes avec leurs obsessions
égalitaristes du tout transport en commun, il existe une voie
alternative consistant à proposer le développement des
voitures très propres à moteur électrique (fortes incitations
fiscales). Par ailleurs, il faut lutter contre la pollution
des poids lourds et leur dangerosité par le développement du
ferroutage comme le font la Suisse et l'Autriche.
3° - La
politique industrielle
Il faut continuer de développer tous les dispositifs
anti-pollution au sein des industries polluantes et créer des
labels permettant aux consommateurs d'y voir plus clair sur
les efforts et la manière de produire des entreprises
méritantes et celles des pays en voie de développement qui n'
ont pas ces contraintes.
4° -
Politique de santé :
On assiste actuellement a la faillite et à l'agonie de système
français de santé fondé au départ sur le paritarisme et qui,
au fil des années, est devenu une usine a gaz où immigration,
solidarité et déresponsabilisation ont conduit le système à un
modèle soviétoïde où plus personnes, soignants et patients ne
sait qui paye quoi et ce que cela coûte ! Le système de santé
est victime d'abord du chômage endémique, de la folle
politique d'immigration et des droits de l'homme, et de la
déshumanisation des pratiques médicales. Le patient doit
redevenir un être global et non un numéro, une pathologie ou
une bouche a gelules. Il doit rester au coeur de la relation
médecin-malade. Bon nombre de médecins sont devenus des
''dealers'' au service de lobbies pharmaceutiques et du
pouvoir politique sans souvent en être réellement conscients.
Pour 100 Euros dépensés par la Sécu, il y a 10 Euros pour les
médecins, 14 Euros vont pour les médicaments, 43 Euros pour
l'Hôpital ! Pièce maîtresse du système de santé, l'hôpital
souffre de la déresponsabilisation des patients, de celle des
médecins, et de celle d'une administration pléthorique. Pour
mettre un terme à toutes ces dérives, il conviendrait de
prendre trois grandes dispositions La première consisterait à
créer une caisse nationale santé qui pourrait être budgétée
par l'État afin de permettre aux citoyens démunis d'être
soignés. Par ailleurs, les personnes qui souhaiteraient
cotiser à cette caisse feraient ce choix avec leurs parts
salariales et patronales. Il faudrait également instaurer la
concurrence : à côté du système public, les compagnies
d'assurance proposeraient des contrats santé avec un cahier
des charges minimum dans un cadre de règlement minimum
d'intérêt public. Le salarié recevrait un sorte de chèque
santé prélevé sur ses revenus de telle manière qu'il serait
ainsi dans l'obligation de cotiser pour son risque santé.
Enfin, il y aurait lieu d'officialiser les médecines
naturelles. La liberté et la responsabilisation des patients
passent en effet par le libre choix thérapeutique comme
l'Europe l'a décidé il y a plusieurs années. Ce libre choix
permettrait la diminution du coût financier de la santé car
beaucoup de thérapies naturelles sont infiniment moins
coûteuses.
En conclusion, je dirai que l'heure est venue, pour un
mouvement de droite, attaché aux terroirs et aux valeurs
traditionnelles, proche des réalités, de faire entendre un
message mettant en avant la notion de responsabilité, le goût
de l'effort et surtout un retour à des valeurs humaines et
environnementales qui permettent de lutter contre toutes ces
formes de pollution qui intoxiquent nos corps mais aussi nos
esprits.
http://www.m-n-r.net/discours111.htm |
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CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR L’AGRICULTURE
BIOLOGIQUE ET LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE
Rome, 3 - 5 mai 2007
RAPPORT
I. INTRODUCTION
1. La Conférence internationale sur l’agriculture biologique et la
sécurité alimentaire s’est tenue en marge de
la trente-troisième session du Comité de la sécurité alimentaire
mondiale, à la FAO (Rome). L’objectif de
cette Conférence était de mettre en lumière l’importance de
l’agriculture biologique pour la sécurité alimentaire, grâce
à l’analyse des informations disponibles dans
différentes régions agroécologiques du monde. Les participants ont
défini les potentiels et les limites de
l’agriculture biologique, en fonction de sa capacité à faire face au
défi de la sécurité alimentaire, notamment
les conditions nécessaires à son succès.
2. La Conférence était ouverte aux institutions
de la société civile, afin de stimuler le
dialogue entre les secteurs public et privé
dans le domaine de l’agriculture biologique. Y ont
participé quelque 350 participants issus de plus de 80 pays,
dont des représentants de 66 États Membres de
la FAO, de trois institutions des Nations Unies, de cinq
institutions intergouvernementales, de 15
organisations internationales non gouvernementales, de
30 organisations nationales non gouvernementales, de 24
instituts de recherche, de 31 universités, de
huit entreprises privées et de neuf groupements d’agriculteurs.
3. Au cours des deux premières journées, Les participants ont
procédé à une évaluation approfondie en vue
de déterminer par quels moyens l’agriculture biologique pouvait
contribuer à la sécurité alimentaire
familiale, régionale, nationale et mondiale, en fondant les analyses
sur quatre éléments: la disponibilité,
l’accès, la stabilité et l’utilisation. Les données de base, les
études de cas et différents modèles écologiques et
économiques ont souligné la richesse des
débouchés et la variété des défis auxquels sont confrontées les
communautés locales et mondiales et pour
lesquels il convient de prendre des mesures concrètes. Le troisième
jour, les conclusions formulées à l’issue de
la Conférence ont été regroupées sous la forme de recommandations de
synthèse qui vont dans le droit fil des Directives relatives
au droit à une alimentation adéquate.
4. Les travaux de la Conférence se sont inscrits
dans le cadre du débat sur le caractère
paradoxal du système alimentaire dans son ensemble, l’objectif étant
de déterminer de quelle manière l’agriculture
biologique pourrait contribuer à l’émergence d’un nouveau paradigme
de la 2 OFS/2007/REP
sécurité alimentaire. Concrètement, le paradoxe qui caractérise le
système alimentaire tient aux aspects
suivants :
les
approvisionnements alimentaires mondiaux sont suffisants, mais 850
millions de personnes souffrent de la fin;
l’utilisation
d’intrants agricoles chimiques n’a cessé d’augmenter ces 20
dernières années, mais la productivité du
secteur céréalier est en constant recul;1
le
coût des intrants agricoles est en augmentation, alors que le coût
des produits agricoles de base diminue
régulièrement depuis 50 ans;
on
peut aujourd’hui avoir accès facilement et rapidement à un grand
volume de connaissance grâce aux technologies
de l’information, alors que, dans le même temps, les
maladies liées à la malnutrition ne cessent de gagner du
terrain;
les
systèmes alimentaires de type industriel ont un coût environnemental
et social qui menace la sécurité alimentaire
(décès professionnels dus à des empoisonnements aux
pesticides, suicides d’agriculteurs endettés, disparition de
millions d’emplois dans les zones rurales).
5. Reconnaissant qu’il convient d’augmenter la
productivité agricole de 56 pour cent d’ici à
2030, la Conférence a évalué dans quelle mesure l’agriculture
biologique était à même de proposer un
système de substitution permettant de corriger ce paradoxe en
renforçant la santé du système agricole grâce
à des améliorations dans les domaines suivants: accès à la
nourriture; technologies adéquates;
efficience économique; suffisance nutritionnelle; qualité de
l’environnement et équité sociale.
6. Les participants ont examiné les systèmes de
production biologique certifiés et non
certifiés qui existent dans des domaines comme l’agriculture,
l’élevage, l’aquaculture, les fibres et les
plantes à usage médicinal ou cosmétique, entre autres exemples. La
demande de produits biologiques est en
progression dans le monde entier. En 2006, le marché était estimé à
près de 40 milliards de dollars (soit 2 pour
cent du commerce alimentaire de détail) et devrait atteindre 70
milliards de dollars en 2012. L’agriculture biologique occupe
aujourd’hui 31 millions d’hectares de
cultures et de pâturages certifiés, et plus de 62 millions
d’hectares de zones sauvages d’agriculture
biologique certifiée.
II. AGRICULTURE BIOLOGIQUE ET DISPONIBILITÉS
ALIMENTAIRES
7. Les disponibilités alimentaires sont exposées
à de nombreuses menaces: pénurie d’eau et
crise des combustibles fossiles; urbanisation et diminution
progressive du nombre d’exploitations
agricoles et d’agriculteurs; effets de la mondialisation sur la
viabilité des petites exploitations
agricoles. Les participants ont débattu de l’impact de l’agriculture
biologique sur les disponibilités
alimentaires, tant du point de vue de la productivité agricole que
des capacités d’importation de produits
alimentaires.
8. Une conversion planétaire à l’agriculture
biologique, sans défrichement de zones
sauvages à des fins agricoles et sans utilisation d’engrais azotés,
déboucherait sur une offre de produits
agricoles de l’ordre de 2640 à 4380 kilocalories par personne et par
jour. Dans les pays en développement,
l’intensification durable de la production agricole par le biais de
pratiques biologiques permettrait d’accroître
la production de 56 pour cent. En moyenne, le rendement
des cultures
biologiques est comparable à celui des cultures conventionnelles. On
observe cependant une diminution effective
des rendements lors du passage de modes de production à fort
coefficient d’intrants à des systèmes de
production biologique. À l’inverse, les rendements agricoles sont
pratiquement multipliés par deux dès lors que l’on passe de
systèmes de production à faible apport
d’intrants à des modes de production biologique. Selon une étude de
cas réalisée à Tigray (Éthiopie), la gestion
biologique des sols aurait permis de multiplier les rendements
agricoles par OFS/2007/REP 3
deux. Dans les environnements semi-arides, les principales
difficultés rencontrées tiennent aux
pratiques de gestion des sols et à la production animale, tandis que
dans les écosystèmes tropicaux humides, c’est
la diversification des cultures qui pose le plus de problèmes. Les
systèmes de production biologique, qui
reposent sur une utilisation rationnelle des ressources naturelles
locales, contribuent à optimiser la disponibilité des
intrants. Les exploitations qui pratiquent
l’agriculture biologique utilisent entre 33 et 56 pour cent
d’énergie en moins par hectare que les
exploitations agricoles classiques. Elles contribuent de surcroît à
une plus grande efficience économique, grâce
à une consommation réduite en intrants. Les modes de production
biologiques exigent plus de main-d’oeuvre. Le
recyclage et les efforts visant à réduire les pertes favorisent une
meilleure utilisation des nutriments, mais la disponibilité
du phosphore peut poser problème.
9. L’agriculture biologique permet d’améliorer
les approvisionnements alimentaires des zones
urbaines, grâce aux jardins maraîchers biologiques aménagés en
milieu urbain et à des chaînes alimentaires à
approvisionnements rapprochés qui comptent peu d’intermédiaires
entre les producteurs et les consommateurs. À
l’échelle des ménages et des communautés, les marchés
biologiques et les réseaux de distribution de produits
biologiques implantés en milieu rural et
rural/urbain contribuent à accroître les quantités, la qualité et la
diversité des produits alimentaires proposés.
En Argentine, grâce au programme ProHuerta, qui vient en aide à 3,5
millions de personnes, les populations
pauvres, et en particulier celles qui vivent en milieu urbain, sont
désormais autosuffisantes à 70 pour cent en légumes frais. Le
programme a également permis d’améliorer les
dispositifs de protection sociale, grâce à la création de jardins
maraîchers biologiques.
10. Le débat a permis de mettre en lumière
l’importance des forces du marché, notamment
lorsqu’il s’agit de concilier les besoins alimentaires locaux et les
systèmes alimentaires mondialisés. Il a été
souligné que l’agriculture biologique faisait une entrée en force
sur les marchés nationaux de plusieurs pays
en développement comme la Chine, Inde et le Brésil. Les
participants ont noté que les consommateurs des pays
développés avaient contribué à l’émergence de
l’agriculture biologique dans les pays en développement, tout en
soulignant les difficultés que rencontrent
les populations pauvres pour se nourrir.
11. S’agissant des marchés internationaux, la
difficulté consiste notamment à regrouper les
producteurs, à établir des réseaux participatifs et à mettre en
place des chaînes de valeur reposant sur les
principes du commerce équitable et du droit des consommateurs à
faire des choix en connaissance de cause. Les
participants ont souligné l’importance de la traçabilité des
produits alimentaires, qui permet de donner
davantage de pouvoir aux producteurs et aux consommateurs,
à un moment où l’agriculture biologique est en passe
d’intégrer les grands circuits commerciaux.
Ils ont notamment cité le projet Nature&More, qui constitue un
parfait exemple de système commercial
efficace et permet d’intégrer les coûts environnementaux et sociaux
dans le prix des produits alimentaires. Il a
été rappelé que, dans le monde entier, les marchés des produits
biologiques ne sont pas destinés à une élite économique, mais
à une « élite informée »qui est prête à payer
davantage à condition que les informations indiquées sur les
étiquettes des produits soient dignes de
confiance.
12. La Conférence a insisté sur la nécessité de
recueillir des informations scientifiques plus
fiables sur les aspects agroécologiques de l’agriculture
biologique, et de bien comprendre les
facteurs qui participent de la réduction des risques. Elle a
notamment estimé que les interactions
complexes entre élevage et environnement, entre autres aspects,
méritaient de faire l’objet de recherches
approfondies et justifiaient un renforcement des normes applicables
à l’élevage biologique. Les participants ont
souligné l’importance des systèmes de garantie participative, qui
permettent de réduire les coûts et de donner aux communautés
agricoles pratiquant l’agriculture biologique
les moyens de mettre leurs produits en valeur afin qu’ils se
différencient clairement des autres produits
vendus sur le marché. 4 OFS/2007/REP
13. Les participants ont convenu de la nécessité
d’évaluer les produits et les exploitations
agricoles biologiques en général, et en particulier leur
productivité et leur rendement, en réalisant
des mesures multiples. Pour être efficace, les méthodes visant à
comparer les systèmes de production
biologique à d’autres systèmes alimentaires doivent prendre en
considération : la
production agricole totale des différents systèmes de culture, y
compris les rendements et les produits
secondaires comme la paille; les services environnementaux comme la
fixation du carbone, les économies d’eau et
la fertilité des sols; les économies d’énergie totale, depuis la
production jusqu’à la manutention après récolte et à la
distribution; et les avantages non
alimentaires que présentent les systèmes agricoles, notamment en
matière de santé et d’équité sociale.
III. AGRICULTURE BIOLOGIQUE ET ACCÈS À LA
NOURRITURE
14. L’accès à la nourriture est fonction des
facteurs suivants: accessibilité à la nourriture des
populations exclues des marchés; capacité financière des
paysans pauvres à se procurer des intrants
agricoles; renforcement des moyens d’existence en milieu rural.
L’impact de l’agriculture biologique sur
l’accès à la nourriture a été analysée du point de vue de l’accès
aux moyens permettant de produire et
d’acheter de la nourriture, et notamment: aux ressources naturelles
productives comme la terre, l’eau, la diversité biologique et
les forêts; à divers types de connaissances
(traditionnelles et contemporaines); et à des marchés équitables et
stables, tant au plan national
qu’international.
15. Il a été souligné que l’agriculture
biologique contribuait à améliorer l’accès la nourriture,
dans la mesure où elle permet l’accroissement de la
productivité et de la diversité des
ressources de même que leur préservation, en
favorisant l’augmentation des revenus des agriculteurs et la
réduction des risques auxquels ils sont exposés. L’échange de
connaissances entre agriculteurs est
également un facteur d’amélioration. Tous ces avantages entraînent
un recul de la pauvreté et contribuent à
inverser la tendance à l’exode rural. L’amélioration de l’accès à la
nourriture suppose de: renforcer les droits
des agriculteurs en matière d’accès aux semences, aux variétés
locales et à la biodiversité; étendre les systèmes de
commerce équitable à toute la chaîne de
valeur; évaluer les programmes d’aide d’urgence et d’achat en cours;
renforcer les droits des agriculteurs
autochtones.
16. L’analyse de plusieurs études de cas sur
l’agriculture biologique en Asie, en Afrique et en
Amérique latine indique que les retombées économiques de la
conversion à l’agriculture biologique sont
fonction du système de production agricole précédemment utilisé.
Ainsi, le passage de modes de production
conventionnels à faible apport d’intrants externes à l’agriculture
biologique entraîne une baisse du coût des intrants, tandis
que les rendements et les revenus ont
tendance à augmenter. À l’inverse, le passage de l’agriculture
intensive à l’agriculture biologique se
traduit généralement par une diminution des rendements et des
revenus. Il peut cependant y avoir des
exceptions à la règle, selon le degré d’intensité du système de
production biologique mis en place. Dans les
deux cas, on observe une baisse du coût des intrants et une hausse
des coûts de main-d’oeuvre. Cela étant, les
études de cas mettent en évidence d’autres avantages de
l’agriculture biologique qui vont au-delà de considérations
purement financières. On peut notamment citer
la réduction des risques, la préservation des ressources naturelles,
la protection de la santé, une meilleure
résistance aux conditions climatiques défavorables et le
renforcement des capacités des agriculteurs,
qui découle de l’acquisition de connaissances et d’une plus large
utilisation des intrants locaux.
17. Plusieurs participants ont souligné que
l’accès aux aliments biologiques locaux était plus
limité dès lors que ces produits sont exportés de pays en
développement; d’autres participants ont
cependant fait valoir que ces exportations pouvaient en fait
contribuer à améliorer l’accès à la
nourriture en général, du fait de l’accroissement des revenus qui en
découle. À titre d’exemple, le Programme de
promotion des exportations africaines de produits biologiques s’est
chargé de OFS/2007/REP 5
distribuer sur des marchés de qualité supérieure les produits
de plus de 40 000 agriculteurs ougandais,
leur permettant de tirer de leurs activités des revenus réguliers et
durables. Les participants ont estimé que les
marchés nationaux et internationaux offraient aux agriculteurs des
débouchés certains, et qu’il convenait d’intensifier les
efforts axés sur le développement des marchés
des produits alimentaires biologiques dans les pays en
développement.
18. Les participants se sont déclarés convaincus
que l’agriculture biologique en milieu urbain
et périurbain présentait un réel potentiel. Plusieurs d’entre eux
ont fait valoir que les politiques
consistant à faciliter l’importation de produits alimentaires bon
marché et à verser des subventions
aux agriculteurs des pays développés avaient des effets
défavorables sur la situation des
agriculteurs des pays en développement. Toutefois, l’agriculture
biologique facilite l’accès à la nourriture
en zone rurale lorsque les agriculteurs ont directement accès aux
moyens de production; si l’agriculture
biologique ne nécessite pas d’intrants agricoles externes, il faut
en revanche que les droits relatifs à l’accès
aux terres et aux ressources en eau soient protégés. Par
ailleurs, l’agriculture biologique tend à entraîner une
redistribution des rôles entre les hommes et
les femmes, ces dernières cultivant plutôt des produits biologiques
dans les jardins maraîchers familiaux. Il
faut cependant veiller à répartir la charge de travail de manière
appropriée.
19. Les participants ont fait observer que les
subventions versées aux agriculteurs entraînaient
souvent une distorsion des prix des produits issus de
l’agriculture conventionnelle. En
conséquence, ces prix ne rendent plus compte de l’ensemble des coûts
sociaux ou environnementaux liés aux modes de
production conventionnels. Un participant a estimé que ces
coûts devaient être pris en compte dans l’établissement des
prix des aliments conventionnels. La
Conférence a reconnu que la hausse de la production n’entraînait pas
nécessairement une amélioration de l’accès à
la nourriture au niveau local, et que les aliments devaient être
adaptés aux cultures locales. Les
participants ont convenu que les prix à la sortie de l’exploitation
devaient être plus élevés, de manière à protéger les moyens
d’existence des agriculteurs, mais que ces
derniers devaient par ailleurs disposer d’informations sur les
marchés pour être à même de préserver
durablement les bénéfices qu’ils tirent de la hausse de leurs
revenus. À titre d’exemple, dans l’État du
Madhya Pradesh (Inde), 6 000 agriculteurs ont vu leur revenus
augmenter de 10 à 20 pour cent depuis qu’ils
produisent du coton biologique dans le cadre d’un projet fondé sur
un modèle d’entreprise qui privilégie
l’établissement de réseaux, l’échange d’informations sur les
marchés et les partenariats entre les agriculteurs, les
filatures, les entreprises de transformation et
les commerces de détail.
20. La Conférence a souligné que le regroupement
des agriculteurs au sein d’associations, de
coopératives, d’entreprises ou d’autres types de structures était
essentiel au développement de l’agriculture
biologique, et plus particulièrement à l’amélioration de l’accès aux
aliments d’origine biologique. En effet,
l’agriculture biologique exige des connaissances très poussées, et
les organisations d’agriculteurs ont donc un rôle primordial
à jouer en matière de vulgarisation, de
formation et d’assistance technique. Elles peuvent aussi
contribuer utilement à la mise en place des
systèmes participatifs de contrôle interne visant à réduire les
coûts liés à la certification et à la
commercialisation groupée des produits. Si leur contribution aux
efforts de recherche et de développement est
fondamentale, les organisations d’agriculteurs doivent néanmoins
s’appuyer sur le soutien actif d’entreprises
et d’institutions publiques.
21. Le plus souvent, des partenariats
public-privé sont créés à l’appui du développement de
l’agriculture biologique, qui repose sur une approche axée
sur la mise en place de circuits
d’approvisionnement intégrés. Si le secteur privé doit être le
moteur de la croissance du système
d’approvisionnement en produits biologiques, les pouvoirs publics
ont néanmoins un rôle fondamental à jouer,
dans la mesure où c’est à eux qu’il appartient de créer un
environnement juridique et institutionnel
favorable au développement du secteur, d’oeuvrer au renforcement
des capacités et d’appuyer les
activités de recherche sur les produits biologiques. La Conférence a
estimé que l’engagement politique à long terme des pouvoirs
publics était essentiel au développement
durable de l’agriculture biologique. 6 OFS/2007/REP
IV. AGRICULTURE BIOLOGIQUE ET STABILITÉ DES
APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES
22. La stabilité des disponibilités alimentaires
peut être menacée par: l’appauvrissement des
ressources naturelles et l’érosion des services environnementaux: le
changement climatique et la variabilité
climatique interannuelle; l’impact des réformes commerciales sur le
prix des produits de base. Les participants
ont examiné l’impact de l’agriculture biologique sur les
approvisionnements alimentaires, du point de vue de la
stabilité environnementale des écosystèmes
agricoles biologiques.
23. L’agriculture biologique privilégie une
approche préventive (plutôt que palliative), ce qui
favorise la stabilité des écosystèmes agricoles dans leur
ensemble, et en particulier des sols, qui
sont plus riches en matières organiques et en biomasse microbienne.
La structure des sols sur lesquels on
pratique l’agriculture biologique favorise le drainage et la
percolation de l’eau. De plus, la matière
organique contenue dans le sol contribue à une meilleure rétention
de l’eau (de 20 à 40 pour cent supérieure à
celle observée dans les sols cultivés de manière conventionnelle).
En conséquence, les besoins en irrigation
sont moins importants, et le rendement des récoltes est plus
élevé en période de sécheresse. La rotation obligatoire des
cultures, l’utilisation de semences/races
végétales adaptées et les mesures de reconstitution de la
biodiversité fonctionnelle sont autant de
facteurs qui contribuent à un meilleur équilibre écologique.
24. De plus, les systèmes de production
biologique ont permis de réduire de 10 à 70 pour cent
en Europe et de 29 à 37 pour cent aux États-Unis le recours
aux intrants dérivés de combustibles
fossiles, sauf dans le cas de certaines cultures comme la
pomme de terre. Ils contribuent également à
atténuer les effets du changement climatique. En effet, ils
permettent de piéger deux fois plus de
carbone dans le sol (principalement dans les systèmes d’élevage
biologique) que dans le cas des systèmes de
production conventionnels, et de réduire les émissions de gaz à
effet de serre (diminution de 48 à 60 pour
cent des émissions de CO 2,
baisse des émissions d’azote due à la
mobilité réduite des sols). En revanche, les émissions de méthane
sont équivalentes à celles relevées dans les
systèmes conventionnels.
25. La contribution potentielle des systèmes de
production biologique au réchauffement
climatique (mesuré en émissions de gaz à effet de serre par hectare
et par tonne de nourriture) est inférieure à
celle des systèmes de production conventionnelle. On obtient
toutefois des résultats encore meilleurs sur
les sols non travaillés sous semis direct. Cela étant, si l’on
considère que l’agriculture en semis direct
se pratique sans traction animale et qu’elle suppose l’utilisation
intensive d’intrants de synthèse de même qu’une production
animale intensive hors site, on peut
considérer que l’agriculture biologique a un moindre impact sur le
réchauffement climatique et qu’elle est par
conséquent moins dommageable pour l’environnement.
26. Les participants ont souligné que, dans
l’hypothèse où une conversion à grande échelle à
l’agriculture biologique entraînerait une baisse des
rendements agricoles, l’agriculture biologique
présenterait malgré tout des avantages environnementaux et
socio-économiques considérables par rapport à
l’agriculture conventionnelle. Ils ont également insisté sur la
nécessité d’intégrer aux systèmes de
production biologique des cultures pérennes, et notamment des
variétés agroforestières, et sur l’importance
de la collecte de plantes sauvages biologiques, en soulignant
que ces deux approches contribuaient à renforcer la stabilité
alimentaire et à atténuer les effets du
changement climatique. Enfin, les participants ont fait
observer que la diversification des cultures
était une stratégie de prévention des risques couramment utilisée
dans les systèmes de production biologique.
27. La Conférence a souligné que, si des
améliorations s’imposent en matière de productivité
et de rendement des cultures biologiques, notamment en ce qui
concerne la lutte contre les organismes
nuisibles qui s’attaquent à certaines cultures, il est plus urgent
de promouvoir les pratiques privilégiant les
cultures multiples, comme la réintégration de l’élevage dans les
OFS/2007/REP 7 systèmes de culture, et
de garantir la viabilité de l’agriculture artisanale, secteur qui
regroupe la plus grande partie de la
population agricole mondiale.
28. Les débats ont mis en évidence la dépendance
de l’agriculture biologique à l’égard des
initiatives et des investissements privés. La croissance du secteur
peut s’avérer préoccupante, dès
lors que de grandes sociétés pratiquent la monoculture
biologique en substituant simplement aux
intrants agricoles de synthèse des agents et des équipements de
lutte biologique. Les directives relatives à
l’agriculture biologique devraient mettre davantage l’accent sur la
nécessité d’entretenir un couvert végétal
permanent dans les systèmes de production biologique et sur
l’amélioration des normes d’élevage.
29. À l’évidence, le rôle des pouvoirs publics
doit être de créer les conditions favorables à la
stabilité des marchés, en adoptant des politiques de sécurité
alimentaire à l’appui des petits exploitants
agricoles qui ont entrepris de se convertir à un système axé sur la
fourniture de services plus respectueux de
l’environnement et la diffusion de connaissances agroécologiques.
30. Les participants ont souligné que les
facteurs autres que ceux liés à la production, et
notamment la stabilité environnementale des
approvisionnements alimentaires, présentaient une
importance particulière, et que la production alimentaire
dépendait, en dernière analyse, de la
capacité des agriculteurs à produire dans des conditions climatiques
de plus en plus incertaines. La Conférence a
recommandé de porter la plus grande attention à la question de
l’ajout de compost et d’humus dans les sols,
qui pourrait présenter un réel intérêt économique, en tenant
compte, dans les systèmes alimentaires, du potentiel
commercial des droits sur le carbone. Elle a
par ailleurs estimé qu’il fallait poursuivre les travaux de
recherche sur les régimes alimentaires du
bétail susceptibles de favoriser une réduction des émissions
entériques de méthane.
31. La poursuite des recherches en cours et le
renforcement de la collaboration entre les
différents acteurs concernés, qui sont autant de démarches
susceptibles de conduire à une amélioration
des performances de l’agriculture biologique, notamment en matière
d’évaluation, de
transparence et de comparabilité avec d’autres systèmes de
production, contribueraient utilement à
l’élaboration de normes supplémentaires applicables aux modes de
production biologiques et de méthodes
comparatives fondées sur des évaluations des cycles de vie des
cultures.
V. AGRICULTURE BIOLOGIQUE ET UTILISATION DES
ALIMENTS
32. Les modes d’utilisation des aliments sont
tributaires de facteurs comme: l’urbanisation
rapide, l’évolution des habitudes alimentaires et divers facteurs
d’ordre sanitaire; les exigences du
consommateur en matière de qualité des produits alimentaires et
l’évolution des modes de consommation; le
risque de pandémie et l’incidence accrue des cas de contamination
alimentaire. La Conférence a analysé l’impact
de l’agriculture biologique sur l’évolution des modes
d’utilisation des aliments, du point de vue de la qualité et
de la sécurité sanitaire des aliments, de la
santé des consommateurs et des pratiques de manipulation après
récolte.
33. Dans bon nombre de cas, les avantages
potentiels de l’agriculture biologique ne peuvent
se concrétiser que s’il existe un équilibre écologique entre
les sols, les plantes et les animaux. En
d’autres termes, il ne suffit pas de substituer aux pesticides et
engrais de synthèse des produits d’origine
biologique. Cette différence fondamentale est particulièrement
importante dans le cas des agriculteurs
fraîchement convertis à l’agriculture biologique, qui n’ont en la
matière que peu d’expérience, et qui
reçoivent parfois des conseils inadaptés, susceptibles de mettre en
péril non seulement leurs moyens d’existence,
mais aussi la qualité, voire la sécurité sanitaire de leurs
produits.
34. Les consommateurs de produits biologiques
sont avant tout en quête d’authenticité; ils
attendent des producteurs qu’ils apportent le plus grand soin à
leurs cultures et s’acquittent de leurs
responsabilités. Ils estiment par ailleurs que les pratiques
optimales relatives aux produits 8 OFS/2007/REP
alimentaires d’origine biologique doivent être au moins aussi
rigoureuses que celles qui s’appliquent aux
produits issus de l’agriculture conventionnelle. Les aliments
biologiques sont généralement plus riches en
micronutriments et contiennent davantage de métabolites secondaires
végétaux et d’acides gras associés qui contribuent à un bon
état de santé général et à la baisse de
l’incidence des maladies non transmissibles. Les systèmes de
production biologique renforcent les défenses
immunitaires des animaux et la résistance des végétaux aux maladies
(on observe une diminution de moitié du
nombre de mycotoxines sur les cultures et un accroissement de la
durée de conservation des végétaux). Les
restrictions applicables à l’utilisation d’intrants agricoles de
synthèse contribuent à améliorer la qualité de l’eau, dans la
mesure où les quantités de phosphates et de
nitrates qui pénètrent dans les sols par lessivage sont moins
importantes, et permettent d’éviter des
empoisonnements aux pesticides (les substances chimiques utilisées
dans l’agriculture conventionnelle sont
responsables de près de 20 000 décès par an).
35. Les participants ont débattu de l’expérience
de Cuba, qui a adopté toute une série de
mesures visant à garantir des approvisionnements alimentaires sûrs
durant les périodes pendant lesquelles
l’utilisation de produits chimiques à usage agricole, de carburant
et de capitaux a été fortement réduite. Pour
éviter une crise alimentaire, les autorités cubaines ont pris des
mesures axées entre autres sur la
relocalisation de la production alimentaire et l’accès direct des
populations aux aliments, grâce à un système de distribution
de rations alimentaires et à la mise en place
de dispositifs de protection sociale (systèmes de surveillance de
l’alimentation et de la nutrition). Si
plusieurs problèmes demeurent, Cuba a néanmoins démontré que l’on
pouvait garantir la sécurité alimentaire à
l’échelle d’un pays en s’appuyant sur une réelle volonté politique
et en privilégiant une approche intersectorielle, globale et
équitable de l’agriculture biologique.
36. En Égypte, la pénurie d’eau et la pollution
des ressources en eau utilisées à des fins
agricoles ont favorisé la conversion à l’agriculture biologique et
la mise en place d’un mécanisme de
développement des marchés locaux qui a donné à ce jour de bons
résultats. Les participants ont
tenté de comprendre quels étaient les principaux facteurs de
succès des initiatives axées sur le
développement des marchés locaux dans les pays en développement. Ils
ont souligné qu’il n’existait pas de solution
toute faite adaptée à tous les contextes, et que les entreprises
avaient un rôle primordial à jouer en la
matière, dans la mesure où elles sont mieux à même de cerner les
atouts propres à chaque type de situation et peuvent investir
dans la valorisation des ressources humaines.
37. En Chine, la pollution des zones rurales a
suscité parmi les différents partenaires
concernés, et notamment les consommateurs, une prise de conscience
accrue des besoins liés à la protection de la
santé et de l’environnement. Ainsi, l’agriculture biologique, qui
occupait au total 978 000 ha en 2005, contre
seulement 342 000 ha en 2003 (soit 0,28 pour cent de la
superficie totale), a permis de
multiplier par neuf les revenus annuels des agriculteurs. L’exemple
de la Chine est particulièrement intéressant;
en effet, il met en lumière trois modèles distincts
d’approvisionnement en produits biologiques. Le premier
repose sur un réseau commercial performant
qui dessert les zones semi-urbaines et périurbaines situées à
proximité des grandes villes riches des
provinces orientales du pays. La production s’effectue dans des
jardins maraîchers biologiques, qui emploient
des travailleurs migrants. Les produits sont vendus aussi
bien sur les marchés internationaux que dans les supermarchés
chinois que possèdent de grosses sociétés
privées. Le deuxième modèle est celui qui donne généralement les
meilleurs résultats: les entreprises locales
assument tous les risques, de même que la totalité du surcoût que la
production biologique représente pour les
agriculteurs, et se chargent par ailleurs de la formation des
agriculteurs regroupés en association et de la certification
de leurs produits. Enfin, le troisième
modèle, plus aléatoire, fait intervenir des agriculteurs pauvres qui
vivent dans des régions isolées et qui sont
encouragés par des organismes locaux de protection de
l’environnement ou par des instituts de
recherche locaux à se convertir à l’agriculture biologique. Ces
agriculteurs exploitent de minuscules
parcelles et ne se laissent tenter par l’agriculture biologique que
lorsqu’ils obtiennent l’assurance qu’ils en
tireront des avantages matériels, ce qui n’est pas toujours
possible. OFS/2007/REP 9
38. Les participants ont fait observer que le
coût des maladies pouvait être supérieur aux
avantages découlant de l’accroissement des rendements agricoles. Ils
ont insisté sur l’importance
qu’il y a à promouvoir la production biologique de variétés
locales et sur la nécessité d’approfondir les
recherches sur la nutrigénomique, et en particulier sur le lien
entre composition des aliments et santé. Il
importe par ailleurs de mieux cerner les effets de l’agriculture
biologique sur la qualité nutritionnelle du
régime alimentaire, dans les pays développés comme dans les pays
en développement, et en particulier l’impact des composants
secondaires des plantes et de la qualité des
aliments, qui ne se résume pas à leurs propriétés organoleptiques.
Si les recherches menées à l’heure actuelle
visent à approfondir les connaissances relatives à la protéonomique
de composés spécifiques, il convient aussi de
s’intéresser aux effets cumulés de différents
composants comme les résidus de pesticides. Les participants ont
convenu que les aliments biologiques ne
devaient pas simplement être évalués du point de vue de leur
innocuité, mais aussi du point de vue de
leurs autres effets sur la santé et la qualité de vie.
39. Les participants ont souligné l’importance
des cultures alimentaires, et notamment des
systèmes de connaissances sur la récolte, la conservation et le
stockage des denrées alimentaires. Ils ont
estimé que le réveil des savoirs autochtones et l’adaptation des
systèmes locaux pouvaient contribuer à la
nécessaire évolution du paradigme de la sécurité alimentaire, et que
les pouvoirs publics devaient favoriser la
mise en oeuvre de politiques visant à promouvoir l’agriculture
locale et la redynamisation des systèmes
alimentaires locaux.
40. Il convient de porter une attention
particulière aux potagers scolaires, qui permettent non
seulement de répondre aux besoins alimentaires, mais aussi
d’introduire de nouvelles formes de diversité
biologique. La Conférence a recommandé que des cours d’éducation à
la nutrition soient intégrés aux programmes
d’enseignement, et que des directives soient transmises en ce sens
aux ministères de l’éducation.
41. Les participants ont noté que les petits
producteurs biologiques cédaient progressivement
la place à de grosses entreprises
agroalimentaires qui proposent des gammes de produits
biologiques répondant à des conditions contractuelles
précises, ce qui pourrait à terme réduire les
avantages découlant de l’agriculture biologique. Il convient
de trouver les moyens de préserver le
contrôle que les producteurs exercent sur les circuits
d’approvisionnement en produits biologiques.
42. Les participants ont convenu que
l’agriculture biologique pouvait contribuer à plusieurs
niveaux à l’auto-approvisionnement alimentaire, mais ont
cependant insisté sur la nécessité d’adopter
des politiques d’importation et d’exportation compatibles. À titre
d’exemple, l’importation de produits
alimentaires biologiques produits localement est interdite en
Suisse.
43. La prise en compte des systèmes alimentaires
dans une perspective globale allant au-delà
de considérations strictement productivistes et tenant compte de
leurs impacts environnementaux, sociaux et
sanitaires pourrait résoudre le paradoxe qui caractérise
actuellement le secteur agricole.
VI. AGRICULTURE BIOLOGIQUE ET SÉCURITÉ
ALIMENTAIRE
44. La FAO a présenté un exposé de synthèse sur
l’agriculture biologique et la sécurité
alimentaire, en décrivant les formes certifiées et non certifiées de
l’agriculture biologique et en établissant un
lien avec les principes du droit à une alimentation adéquate. Cette
analyse a débouché sur la définition d’un
concept de base appelé « système alimentaire néotraditionnel »
qui repose sur la rencontre entre science moderne et savoirs
autochtones et permet ainsi de s’écarter de
la démarche visant à comparer des modes de production de produits
distincts au profit d’une approche axée sur
l’analyse comparatives des systèmes alimentaires proprement dits.
10 OFS/2007/REP
45. En établissant une corrélation entre les
différents attributs de l’agriculture biologique et
les différents aspects de la sécurité alimentaire, des
conclusions ont été tirées concernant l’impact
de l’agriculture biologique sur le premier Objectif du
Millénaire pour le développement (lutte
contre la faim et la pauvreté), le septième Objectif (assurer un
environnement durable) et le huitième
Objectif (partenariats mondiaux), en accordant une attention
particulière à la faim chronique, à la
famine, à la faim cachée, aux possibilités d’emploi dans les zones
rurales, à la viabilité à long terme de
l’environnement et aux approvisionnements alimentaires.
46. En ce qui concerne la sécurité alimentaire,
il a été souligné que l’agriculture biologique
permettait :
d'améliorer
les apports en nutriments des ménages, ainsi que leur capacité à se
procurer des aliments grâce à
l’intensification durable et à la commercialisation des produits de
l’agriculture artisanale;
d’atténuer
la famine pendant les urgences alimentaires, grâce à la
diversification et au renforcement de la
stabilité des écosystèmes;
de
contribuer aux apports en micronutriments et à des régimes
alimentaires plus sains, grâce à la
réintroduction de variété sous-utilisées et à la diversification de
la production;
d’établir
des systèmes alimentaires autonomes, en particulier à l’échelle des
ménages.
47. En ce qui concerne la lutte contre la
pauvreté, il a été souligné que l’agriculture
biologique permettait :
des
débouchés dans le domaine de l’emploi, car elle nécessite 30 pour
cent de main-d’oeuvre en plus par hectare;
de
contribuer aux moyens d’existence durables en zone rurale, car elle
permet un meilleur rendement du travail;
de
contribuer au développement rural, car elle revitalise les économies
rurales;
de
contribuer à l’amélioration du bien-être social, grâce à des
salaires équitables et un travail non axé sur
l’exploitation du travailleur, qui permet d’améliorer le contrôle
des ressources.
48. En ce qui concerne la durabilité de
l’environnement, l’agriculture biologique :
est
un système alimentaire à empreinte énergétique faible, car elle
interdit l’utilisation d’engrais azotés;
minimise
les dégâts en tirant profit au maximum de l'efficience d'utilisation
des ressources et le recyclage de l’énergie
et des éléments fertilisants;
rétablit
la biodiversité fonctionnelle et préserve les services
environnementaux;
diminue
les coûts de transport et de transaction, grâce à des chaînes
alimentaires à approvisionnements rapprochés
gérées par les communautés.
49. En ce qui concerne les approvisionnements
alimentaires, l’agriculture biologique :
propose
des prix à la sortie de l'exploitation supérieurs, qui tiennent
compte des coûts réels de production et des
coûts liés à la conservation de l’environnement;
permet
aux petits exploitants de proposer des produits de qualité et des
produits alimentaires spéciaux;
assure
des approvisionnements alimentaires locaux dynamiques qui réduisent
la dépendance par rapport aux importations
d’aliments et aux poussées d’importations;
aide
à réimplanter les systèmes alimentaires dans les zones où vivent les
populations démunies souffrant de
sous-alimentation.
50. Les Directives relatives au droit à une
alimentation adéquate, adoptées en 2004, ont pour
objet de donner aux plus démunis les moyens de s’attaquer aux
causes de l’insécurité alimentaire et de la
pauvreté. Elles visent à renforcer la capacité des communautés
locales à subvenir aux besoins de leurs
membres. L’agriculture biologique permet aux systèmes sociaux de
contrôler leurs propres approvisionnements
alimentaires, tandis que l’étiquetage des produits d’appellation
biologique est la traduction concrète du droit des
consommateurs à choisir leurs aliments. OFS/2007/REP
11
51. L’analyse des directives volontaires met en
évidence de nombreux liens avec les pratiques
agricoles biologiques, notamment dans des domaines comme: la bonne
gestion de la chaîne alimentaire, la
protection juridique, les perspectives de développement économique,
les technologies d’un coût abordable, la
prévention de pratiques non concurrentielles, la protection du
consommateur, le développement des marchés locaux et
régionaux, l’intégration des petits
producteurs sur les marchés, la préservation de la qualité de l’eau
de boisson et de la biodiversité agricole, la
préservation de la capacité utile des écosystèmes dans l’intérêt des
générations actuelles et futures, la
disponibilité d’aliments nutritifs et variés, la promotion des
potagers familiaux et scolaires et la défense
des traditions alimentaires.
52. La synthèse présentée par la FAO a mis en
évidence la nécessité de définir, aux niveaux
mondial et local, un nouveau paradigme de la sécurité alimentaire
reposant sur les débouchés créés par
l’agriculture biologique et permettant de faire face aux problèmes
considérables qui se poseront au cours des
cinq à 50 prochaines années: croissance démographique, augmentation
de la consommation, niveaux records des prix
du pétrole, dépendance des principaux intrants et du
transport mondial des aliments par rapport aux combustibles
fossiles, diminution des approvisionnements
en eau, augmentation de la variabilité climatique, pertes d’emploi
dans le secteur agricole, etc.
53. Un exposé ayant pour thème: «
Qu’adviendrait-il si la planète se convertissait
massivement à l’agriculture biologique ? » a été présenté.
Cet exposé, préparé à l’aide du modèle IMPACT
et des nombreuses données sur les systèmes agricoles de l’Institut
international de recherche sur les politiques
alimentaires (IFPRI) a montré que, quand bien même on assisterait à
une conversion à grande échelle à l’agriculture biologique
(jusqu’à 50 pour cent) en Europe et en
Amérique du Nord, le phénomène aurait un impact relativement limité
sur la disponibilité des produits
alimentaires, et les prix n’évolueraient pratiquement pas. En
Afrique subsaharienne, une conversion à
l’agriculture biologique à hauteur de 50 pour cent entraînerait
probablement un accroissement des
disponibilités alimentaires et une réduction de la dépendance à
l’égard des importations de denrées; En
revanche, elle aurait un impact négligeable sur l’évolution des
prix, et n’aurait pas la moindre incidence
sur les taux actuels de malnutrition. Ces conclusions, qui
tiennent compte de l’évolution de la demande, de l’offre, des
échanges et des prix, entre autres facteurs,
sont en contradiction flagrante avec les affirmations des
détracteurs de l’agriculture biologique et
des adeptes des modèles agricoles conventionnels.
54. Par la suite, des experts chevronnés ont
démontré que la valorisation des ressources
naturelles était le seul moyen d’accroître la productivité agricole,
tout particulièrement en Afrique, mais qu’il
convenait d’effectuer des recherches sur les aspects agroécologiques
du problème. Ils ont rappelé l’importance des
savoirs et des cultures autochtones et ont insisté sur la
nécessité d’élaborer des stratégies de production alimentaire
privilégiant l’indépendance à l’égard des
combustibles fossiles et les systèmes alimentaires localisés.
55. Il a notamment été souligné que les systèmes
de production agricole devaient avoir pour
objectifs, dans l’ordre des priorités, de :
répondre
aux besoins alimentaires locaux sur les marchés locaux;
n’autoriser
que l’importation des produits qui ne sont pas cultivés localement;
exporter
des produits à haute valeur.
Tant que des politiques alimentaires ne
répondront pas à ces exigences, les systèmes
alimentaires demeureront vulnérables face aux
incertitudes macroéconomiques et tributaires de forces sur
lesquelles les communautés locales n’ont aucun contrôle.
12 OFS/2007/REP
VII. RECOMMANDATIONS RELATIVES AUX MESURES
À PRENDRE
56. Les participants ont estimé en conclusion que
les modèles actuels de production alimentaire
créeraient des problèmes à l’avenir, et que les populations
vulnérables seraient les plus durement
touchées par les nouveaux problèmes environnementaux et
macroéconomiques. Ils ont estimé que les
modes de gestion biologique pouvaient « atténuer » les effets du
changement climatique et l’impact des
systèmes alimentaires de type industriel.
57. Cette « autre voie » est riche
d’enseignements susceptibles de contribuer au renforcement
durable de la sécurité alimentaire, et qui se résument pour
l’essentiel comme suit :
ne
pas assimiler à des produits les aliments qui ont une valeur
environnementale et socioculturelle;
reconnaître
aux producteurs et aux consommateurs le droit de choisir leurs
systèmes alimentaires;
produire
des aliments à faible coût à l’intention des populations pauvres;
privilégier
l’agriculture artisanale et la vente directe au détail;
créer
une chaîne alimentaire sûre offrant toutes les garanties de sécurité
sanitaire et englobant à la fois les sols, la
diversité biologique et les populations;
valoriser
les savoirs traditionnels et les biens autochtones;
mettre
en place des processus d’apprentissage en coopération et des réseaux
d’échange de savoir en milieu rural;
encourager
l’innovation dans le domaine de la gestion agroécologique;
renforcer
la responsabilité sociale sur l’ensemble de la chaîne alimentaire;
établir
des procédures d’assurance de la qualité et de traçabilité des
produits alimentaires.
58. Lors du débat sur l’évaluation de la
contribution de l’agriculture biologique à la sécurité
alimentaire, les participants ont appelé à la mise en place
d’un modèle approprié d’évaluation de la
qualité des systèmes de production proprement dits, allant au-delà
de considérations purement productivistes. Ce
modèle devrait permettre d’évaluer non pas des rendements
spécifiques mais des produits multiples, et
prendre en considération des aspects importants comme la capacité
des systèmes alimentaires à résister aux
changements environnementaux et macroéconomiques et
l’autonomie alimentaire à l’échelle locale.
59. Soucieux de promouvoir l’émergence d’un
nouveau paradigme de la sécurité alimentaire,
les participants ont formulé des recommandations générales inspirées
des recommandations relatives au droit à une
nourriture adéquate et destinées à être mises en oeuvre à l’échelon
national, et ont convenu de la nécessité,
pour les pouvoirs publics, d’intervenir pour maintenir des
conditions équitables à mesure du développement du secteur
biologique.
60.
Sensibilisation et formation:
investir
dans la sensibilisation à l’agriculture biologique dans le cadre des
actions d’éducation agricole et
environnementale;
enrichir
les connaissances relatives à l’agriculture biologique dans les
universités et les instituts de recherche;
dispenser
une formation à l’agriculture biologique aux agents de vulgarisation
agricole et dans les écoles pratiques
d’agriculteurs.
61.
Information et évaluation:
cartographier
les groupes vulnérables et les besoins alimentaires locaux;
encourager
les investissements qui ont pour but de faciliter la conversion des
petits exploitants agricoles à l’agriculture
biologique;
établir
un lien entre accès aux terres et aux ressources en eau et
application de méthodes de gestion
agroécologiques. OFS/2007/REP 13
62.
Législation et responsabilité:
adopter
les outils internationaux de garantie de l’origine biologique des
produits qu’élabore actuellement l’Équipe
spéciale internationale FAO/IFOAM/CNUCED sur
l’harmonisation et l’équivalence en agriculture biologique.
63.
Stratégie et coordination:
intégrer
les stratégies nationales de développement agricole et de lutte
contre la pauvreté;
rétablir,
dans le cadre des programmes de développement agricole et rural, les
mécanismes d’incitation financière axés sur l’amélioration de
la qualité des produits;
protéger
les surfaces dédiées à l’agriculture biologique contre toute forme
de
contamination (zones exemptes d’organismes
génétiquement modifiés);
appliquer
des sanctions en cas de non-respect des normes applicables;
élaborer
des politiques cohérentes prévoyant notamment la suppression des
subventions sur les intrants agricoles de
synthèse;
allouer
des crédits aux fins de la recherche agroécologique;
prendre
des mesures visant à lutter contre l’importation d’aliments
biologiques produits localement.
64.
Critères et suivi:
définir
les critères applicables à l’agriculture biologique dans les
programmes de sécurité alimentaire;
adopter
des indicateurs relatifs aux procédés de production biologique et
aux produits biologiques en vue de
l’affectation de fonds publics;
améliorer
la traçabilité des produits biologiques en mentionnant sur les
étiquettes toutes les informations
nécessaires.
65. Les recommandations relatives aux travaux de
recherches à mener visent principalement des
interventions à caractère technique et systémique et portent sur les
aspects suivants :
fertilité
des sols biologiques, y compris les stratégies d’utilisation de la
biomasse;
élevage,
y compris les stratégies de pâturage dans les zones arides;
reproduction
et sélection de races traditionnelles et de variétés agricoles
patrimoniales;
science
des paysages, y compris les terres agricoles, la végétation
naturelle et les masses d’eau;
économie
agricole et dynamique des marchés biologiques;
impact
de la gestion biologique sur la qualité des aliments et la santé du
consommateur;
gestion
intégrée des circuits d’approvisionnement en produits alimentaires;
programmes
d’éducation et de formation sur les arcanes des systèmes
alimentaires;
création
d’un groupe consultatif pour la recherche sur l’agriculture
biologique, dans le cadre des structures
institutionnelles existantes.
66. Les participants ont vivement encouragé le
Comité de la sécurité alimentaire mondiale, à
sa trente-troisième session, à :
envisager
de promouvoir les systèmes d’approvisionnements alimentaires
biologiques sous forme de stratégie de
sécurité alimentaire, qui serait intégrée dans les programmes
nationaux et régionaux pour la sécurité alimentaire;
encourager
la recherche sur l’agriculture biologique au sein du système du
GCRAI et des institutions nationales;
donner
son appui à une Initiative mondiale pour des systèmes alimentaires
écologiques et éthiques, qui serait mise en
oeuvre par la FAO et chargée d’étoffer les connaissances
mondiales en matière d’agroécologie et de favoriser
l’établissement d’un environnement
stratégique porteur pour les systèmes alimentaires néotraditionnels;
14 OFS/2007/REP
VIII. CONCLUSIONS
67. Les participants sont convenus des points
suivants, tels qu’exposés dans les conclusions
du Président:
L’agriculture
biologique peut contribuer à la sécurité alimentaire, mais sa
capacité à affirmer son rôle dépend en grande
partie de l’existence d’une véritable volonté politique.
L’agriculture
biologique peut atténuer les effets des nouveaux problèmes, comme
les changements climatiques, grâce à des
mesures comme la fixation améliorée du carbone
du sol. Elle propose également des solutions pratiques en
matière d’adaptation aux effets des
changements climatiques.
L’agriculture
biologique permet de renforcer la sécurité hydrique dans plusieurs
domaines: qualité de l’eau potable, diminution des besoins en
irrigation des sols biologiques et
augmentation des rendements dans des conditions de stress hydrique
dû à la variabilité climatique.
L’agriculture
biologique permet de protéger l’agrobiodiversité et d’en garantir
une utilisation durable.
L’agriculture
biologique renforce la suffisance nutritionnelle, grâce à une
diversification accrue des aliments
biologiques, qui sont plus riches en micronutriments.
L’agriculture
biologique stimule le développement rural, en créant des revenus et
des emplois dans des zones où les populations
n’ont d’autre choix que de recourir à la maind’oeuvre,
aux ressources et aux connaissances locales.
Il
est indispensable d’établir un réseau international axé sur la
recherche biologique et sur une vulgarisation
rationnelle, afin de poursuivre la mise en valeur de l'agriculture
biologique. Une partie plus importante des ressources
publiques devrait être consacrée aux sciences
agroécologiques.
La
sécurité alimentaire est étroitement liée aux politiques agricoles
qui déterminent les choix en matière
d’exportation et d’importation. L’agriculture biologique établit un
lien entre les objectifs économiques et les
objectifs environnementaux et sociaux, mais sa
mise en valeur ne peut se poursuivre si les mêmes règles ne
sont pas appliquées à tous, grâce à des
interventions appropriées de politique générale.
La
sécurité alimentaire n’est pas uniquement un sujet de préoccupation
pour les pays en développement, car la crise
des combustibles fossiles, les changements climatiques et
d’autres faiblesses de la chaîne alimentaire sont également
susceptibles de mettre en danger les zones ne
souffrant pas d’insécurité.
1 Voir CFS:2007/2 |
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Vous vous intéressez à ces
sujets ! Vous vous sentez concernés par la défense de l'environnement pour vous-mêmes
et pour vos enfants ! Venez nous rejoindre. Copiez ou imprimez le coupon
adhésion/renouvellement ci-dessous :
Agir
Pour l'Environnement en pays Mareuillais.
Association régie par la loi du 1er juillet
1901
17, rue du Marchiou
85320 Mareuillais
Nom
..............................................................................................
Prénom
.........................................................................................
Adresse
.........................................................................................
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adhère à l'association "Agir
Pour l'Environnement en pays Mareuillais"
et verse ma cotisation (8 euros individuel ou 12
euros couple) |
- Défense de la rivière Doulaye avec l'association "Les Amis de la
Doulaye".
- Participation au "Sage" avec l'"Association de Défense des Riverains du
Lay". L'enjeu est particulièrement important puisqu'il s'agit de l'aménagement du
bassin du Lay afin de prévenir les erreurs humaines, causes d'inondations dans un passé
récent.
- Membre de la "Coordination" dans le cadre de l'étude de l'unité de
valorisation énergétique (incinérateur).
- Membre du comité de pilotage du bassin n° 5 dans le cadre du choix de l'emplacement du
centre d'enfouissement technique (C E T) des ordures ménagères de ce bassin.
Projets :
Nous organiserons une réunion publique à la salle de Beaulieu
le 19 septembre 2003 pour proposer une amélioration possible de la collecte des
déchets ménagers. Celle-ci utiliser dans plusieurs pays permettrait de diviser par trois
les quantités collectées.
Si vous êtes intéressés par le sujet, si vous avez des propositions concrètes à faire
réservez dès à présent votre soirée du 19 septembre.
Nous étudions une réunion sur le thème "eau potable et santé publique"
Les ressources de l'association : Les cotisations de ses adhérents et une subvention de
31 euros de la commune de Mareuil. Quant à la communauté de communes du pays mareuillais
qui, pourtant a la compétence "Environnement", elle refuse
toute aide. Il est vrai que l'environnement est le cadet des soucis de nombreux membres de
cette collectivité ainsi que de son président.
Vous pouvez nous aider en
adhérent (coupon ci-dessus) ou en nous envoyant un don. D'avance merci. |
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