Après avoir admiré le transept superbement
voûté, retournons nous maintenant vers la nef. Piliers et chapiteaux sont bien à leur
place. A quoi servent-ils ? Ils n'ont plus rien à supporter. Le vaisseau a disparu,
victime des aléas de l'histoire. Guerres et révolutions sont passées et, en héritage,
nous ont laissé cet affreux tillis formant une voûte de bois très surbaissée.
Fermons les yeux et imaginons une voûte en berceau d'une
facture équivalente à celles du transept, telles que nos ancêtres l'édifièrent.
Alors, nous pouvons rêver la grandeur et la beauté de l'édifice au temps de sa
splendeur. Laissons nous séduire par la magnificense et l'harmonie d'ensemble de cette
construction romane. Hélas ! ce n'est qu'un rêve et le réveil est brutal. Les
colonnes et les chapiteaux sont là, mémoire vivante d'une époque révolue où la foi
unie à la technique produisirent des chefs d'oeuvre. Les voûtes de pierre ne couviront
plus jamais la nef. Même si un généreux mécène finançait les travaux, le mur nord,
dépouillé de ses contreforts, serait probablement incapable de porter une telle charge.
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