Tournons nous vers le chur, centre spirituel de l'église. C'est la partie la plus
sacré de l'édifice, la finalité de la construction, point vers lequel le croyant se
dirige pour participer à la divine liturgie. De là, part et rayonne tout le culte et
spécialement la prière par excellence du chrétien : La MESSE.
Bien sur, on peut regretter que l'autel actuel ne soit plus
un autel en pierre. On peut déplorer que l'autel ne soit plus surélevé et que le
prêtre ne puisse plus "Monter à l'autel de Dieu".
Cependant il ne faut pas oublier qu'avant d'être un sacrifice, à l'origine, la Messe est
un repas, la sainte Cène.
L'orientation de l'autel pose aussi question. Le prêtre
doit-il faire face au peuple ou se tourner vers l'est, vers la lumière, vers le symbole
divin ? Si l'on veut rester fidèle au symbolisme, et que le prêtre représentant le
Christ remplisse son rôle de médiateur entre Dieu et les Hommes, il importe qu'il se
tourne vers le Christ, "soleil invaincu" pour adresser
à Dieu la prière de la communauté. Par contre, il se tournera vers le peuple pour lui
transmettre la parole divine par la lecture des Saintes Ecritures. Si l'autel de Mareuil
reste dans la moyenne de la norme moderne, on peut toutefois remarquer le
"Chrisme" qui fait face à l'assemblée. Rappelons que ce symbole remonte à
l'Eglise primitive. Les deux premières lettres grecques du mot Christos (Christ) X
et P sont inscrites dans un cercle. L'ensemble est complété par la première (alpha) et
la dernière lettre (oméga) de l'alphabet grec : "Je suis l'alpha et l'oméga,
dit le seigneur Dieu, celui qui est , qui était et qui vient, le Tout-Puissant".
L'arc en plein cintre cède la place à l'ogive.
Le chur est formé d'une travée couverte d'une
croisée d'ogives.
Le constructeur d'églises, homme religieux par excellence,
aspire à créer un uvre qui transcende l'âme et rapproche l'homme de son
créateur. Il cherche à matérialiser dans la pierre le pont symbolique qui relie le ciel
et la terre. L'arc construit par le maçon n'est-il pas une copie de l'arc en ciel,
première image de l'alliance entre Dieu et l'humanité ? En remplaçant l'arc en plein
cintre par l'ogive, plus légère, plus élancée, l'architecte aide l'âme humaine à
s'élever et à se rapprocher de son créateur dans la prière.
Techniquement, l'ogive permet également plus de
légèreté dans la construction. La force de renversement équilibrée par les
contreforts diminue au fur et à mesure que l'ogive se fait plus pointue.
On remarquera également la pierre d'angle. Mécaniquement elle bloque l'arc et maintient
l'édifice. On se rappellera la parole "La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
est devenue pierre d'angle ..."
L'autel et
le Chrisme.
Christ en
croix sculpté par un ancien curé de la paroisse.
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