Compte rendu de la réunion du 7 février 2003.
Environ 70 personnes avaient répondu à l'invitation de
l'association "Agir Pour l'Environnement en pays Mareuillais". Incinérateur et
centre d'enfouissement, deux sujets complexes, délicats et scabreux regroupèrent les
curieux qui cherchaient l'information, les défenseurs du plan départemental
d'élimination des déchets ménagers et les opposants convaincus à ce plan. Chacun
développa ses arguments et exprima avec force ses convictions. Malgré tout le débat
resta courtois, même lorsque le ton s'éleva quelque peu dans le feu de l'action.
Monsieur Hocq, conseiller Général et quelques élus dont monsieur Blanchard, maire des
Pineaux, étaient également présents et bien évidemment participèrent au débat. Une
absence remarquée, celle de Monsieur Hubert Martineau. Les participants auraient pourtant
souhaité avoir des réponses à leurs questions de la part du Président de la
Communauté de Communes du Pays Mareuillais puisque celle-ci a, entre autres,
"compétence" pour les déchets ménagers et l'environnement.
Pour commencer, le président d'"Agir pour
l'Environnement" présenta l'association puis développa quelques généralités
concernant les problèmes liés à la pollution. Il rappela que tous les scientifiques ne
partagent pas le même avis ni la même analyse quant à la gravité de la pollution et
aux solutions préconisées pour la maîtriser. Il ne
faut pas oublier que nombre d'entre eux se sont régulièrement trompés et que malgré
tout on continue à leur faire confiance. Depuis le D D T jusqu'à l'Atrazine en passant
par le Lindane et les différents organochlorés et phosphorés, la liste des produits
commercialisés comme presque miraculeux et retirés ensuite comme dangereux est longue.
Tous, ont généré une pollution bien difficile à éliminer.
Il faut aussi souligner la difficulté que pose au profane
les unités utilisées très éloignées de celles utilisées dans la vie courante : le
µg (micro gramme) ou le pg (pico gramme) ne nous parle pas beaucoup. Il en est de même
de la durée d'action des polluants. A notre échelle humaine un siècle est un temps
très long; à celle de l'évolution de la planète, il est très bref. Enfin, dernière
nécessité, il faut tenir compte des diverses origines des polluants et par conséquent
du cumul de la nocivité.
Centre d'enfouissement technique.
Un centre d'enfouissement technique de classe 2 permet de
maîtriser et annuler les effets néfastes des déchets ménagers sur l'environnement. Il
importe donc que le stockage des déchets soit totalement isolé du milieu naturel afin
qu'aucun polluant (lixiviat ou gaz) ne puisse diffuser à l'extérieur avant traitement.
Aujourd'hui, il est conçu pour le "tout enfouissement" et nécessite de très
grandes superficies. Demain, il devrait recevoir uniquement les déchets ultimes c'est à
dire les refus des différentes lignes de valorisation :
La valorisation matière (ce qui est collecté dans les
containers pour être recyclé),
La valorisation biologique (compostage et/ou méthanisation),
La valorisation énergétique (incinérateur).
Si nous acceptions de trier très soigneusement nos
poubelles, nous constaterions que pratiquement tout leur contenu entre soit dans la ligne
de valorisation matière soit dans celle de valorisation biologique. Autrement dit, après
ce tri, il ne resterait plus rien pour l'incinérateur. Bien trier est donc un devoir si
l'on veut diminuer la taille des incinérateurs ou pourquoi pas, les supprimer.
A l'aide de coupes et de photos, la construction d'une cellule d'enfouissement fut détaillée. La barrière
naturelle est composée d'une première épaisseur de 5 mètres d'argile et d'une seconde
de 1 mètre d'argile et de bentonite. Puis une seconde barrière d'étanchéité est
constituée d'une géomembrane. Une membrane textile
recouvre cette dernière afin d'éviter son poinçonnement. Enfin une couche de graviers
assure le drainage et permet de récupérer les lixiviats
pour les traiter avant rejet dans la nature. Les gaz (méthane) sont récupérés et
brûlés dans une torchère.
Unité de Valorisation Energétique (Incinérateur).
Le fonctionnement de l'incinérateur fut montré à l'aide
d'un schéma fonctionnel, d'un schéma thermique général et de la coupe d'un chaudière
horizontale. Si la technologie de l'incinérateur est définie il reste une petite
incertitude quant au choix du type de four. En effet, le four à grille initialement
prévu pourrait être remplacé par un four oscillant. Ce détail ne change pas
fondamentalement l'étude réalisée. Bien évidemment le traitement des fumées et
l'utilisation des mâchefers furent les points les plus sensibles et les plus contestés.
Pour agrandir, cliquez sur les images.
Comme prévu, les questions furent nombreuses et montrèrent
l'inquiétude de la population face à un système jusqu'ici très polluant. La crainte
que pour faire fonctionner l'incinérateur à pleine puissance on fasse appel à des
déchets hors département fut également exprimée. Les promesses de nouvelles
techniques, notamment dans le traitement des fumées, sont loin de rassurer et le doute
subsiste quant à la certitude de l'efficacité du filtre à manches catalytiques. Du
côté des mâchefers, les opposants émettent également des réserves et pensent que
l'utilisation en sous couche routière conduit inévitablement à la dispersion des
polluants, dont les dioxines, dans la nature.
Les partisans du plan départemental font remarquer qu'il est
important et même indispensable de prendre une décision rapide car les centres
d'enfouissement actuellement en service sont proches de la saturation. De plus,
l'incinérateur permet de diminuer sensiblement les quantités de déchets et limite donc
les superficies nécessaires aux centres d'enfouissement.
Il faut donc mettre en place de toute urgence cette technique de traitement. De plus la
présence des vacanciers en période estivale ne facilitent pas le tri sur toute la bande
littorale (veut-on dire que les touristes seraient indisciplinés
? ). Enfin les
progrès techniques doivent permettre de construire un incinérateur "propre".
La question de taille pose aussi problème. De futurs
réglementations semblent s'orienter vers une limitation de la puissance des
installations. Ainsi on s'orienterait vers une limitation à 50 000 tonnes/an à comparer
avec le projet de 190 000 tonnes/an. Alors que les nouvelles normes fixent le seuil
d'émission de dioxine à 100 pg/m3 et
que le plan départemental la fixe à 30 pg/m3 (soit 3 fois plus exigeant), l'O
M S (Organisation Mondiale de la Santé) préconise une dose maximale admissible de 10
pg/TEQ/jour/kg de poids. L'agence de protection environnementale américaine a proposé de
diviser cette dernière valeur par
1000. Que deviendra notre bel incinérateur si
l'exigence des nouvelles normes nous oblige à l'arrêter ou à faire des travaux coûteux
pour qu'il respecte la législation en vigueur ?
Enfin la dernière question ou plus tôt la dernière constatation : Les élus, à tous
les niveaux, se sont si
souvent moqués de nous (nuage de Tchernobyl stoppé, in extremis, à la
frontière
) que nous ne pouvons
plus leur faire confiance. Triste constat, mais combien réel,p et qui ne
facilite pas le dialogue entre le citoyen et
les élus décideurs.
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